Realisateur : Tsui Hark

Acteurs : Leslie Cheung, Anita Yuen, Zhau Wen-zhuo
Durée : 1h45
Année de production : 1995

Le_festin_chinois

Résumé : Harcelé par un concurrent plein d'arrogance, un restaurateur accepte de se livrer à une compétition où les deux chefs prépareront le festin «Qin Han». Composé de pattes d'ours, d'hirondelles confites et de trompes d'éléphants, ce menu extrêmement raffiné n'a été préparé que très rarement dans l'histoire. Le niveau de perfection requis est si élevé que l'un des restaurateurs se voit contraint de demander de l'aide au plus grand chef chinois, seul artiste encore vivant à la hauteur de la tâche. Las ! Ce maître, qui a connu de gros problèmes familiaux en raison de son trop grand dévouement à l'art culinaire, a sombré corps et âme dans l'alcool, et a juré de ne plus jamais toucher la moindre casserole jusqu'à la fin de ses jours... (source www.programme-tv.net )

Programmé par Arte le 30 mars 06, ce film était resté dans sa cassette (oui, je n’ai pas encore un enregistreur DVD de Télé) jusqu’à ce mois d’août pluvieux. Sa redécouverte fut une surprise.
Ce film est typique d’une des facettes du cinéma de Hong Kong : la comédie.
Autant le dire d’emblée : ceux qui recherchent les émotions raffinées, les dialogues ciselés, le jeu en demies teintes des acteurs, la subtilité et la profondeur spirituelle de l’intrigue, la délicatesse des couleurs … en seront pour leurs frais. A côté, les films comiques (ou censés être drôles) à la française ont le charme désuet des comédies de boulevard du début du siècle précédent.

Anita_Yuen
anita yuen

Ici, ce sont les femmes qui font une cour sans vergogne, voire brutale, aux hommes.
Les maquillages relèvent de la création picturale.
Les codes d’honneur sont montés en épingle pour mieux les tourner en dérision.

Et puis, il y a là un sens du burlesque qui a totalement disparu du cinéma occidental : que dire d’une scène où divers protagonistes se battent dans un restaurant avec un poisson encore vivant de près de 2m !

Que dire encore du détournements des codes cinématographiques ! La préparation d’un plat laisse loin derrière toutes les gesticulations virtuoses des samouraïs.

Certains pourraient parler d’un humour potache, à juste titre, mais ici, l’invention est partout !
Il faut préciser que c’est l’une des œuvres de Tsui Hark, peut-être le plus important des réalisateurs de Hong Kong (The Blade, Time and Tide, Seven Swords, etc.) Voir
filmographie et critique