2006 - 115' - Comédie

Jardins d’automne - affiche
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Synopsis

Vincent est ministre, homme puissant, pas trop laid, plutôt élégant, buveur, mangeur, bon vivant. Odile, sa maîtresse, une très belle fille, est intelligente, lucide, charmante.

Ne liez pas votre destin à de trop belles filles mes amis : ça peut vous coûter cher. Dès que Vincent est chassé de son poste, elle le plaque.

Théodière, le nouveau ministre, investit le somptueux bureau de Vincent. Il casse tout : il change les étagères, le tissu d'ameublement, le bureau, les fauteuils, jusqu'aux cendriers et aux téléphones. Pour longtemps, qui sait ? Il est optimiste.

Par contre, l'ex ministre Vincent commence à vivre...

Et si, à la fin de notre histoire, Vincent croise Théodière, son rival et successeur en disgrâce à son tour, ce sera sans haine, ni joie perverse : « Tu as l'air fatigué... tiens, bois un coup ! ».

Otar hésite à monter sur scène, à se mettre dans le faisceau du projecteur. Serge Tubiana, le maître des lieux à la cinémathèque, insiste, présente le film avec affection, déclare qu’il a compris Osséliani lorsqu’après une longue séance de travail un matin, ce dernier lui proposa du vin blanc ou de la vodka, a jeun.

Puis Otar Osseliani nous parle de la France, de ses officiels qui voulaient lui faire faire la Traviata. Mais, s’exclame-t-il, pour cela, il me suffisait de rester en Union Soviétique.

Ces quelques mots dessinent un peu la personnalité de ce cinéaste qui a choisi de vivre en France depuis 30 ans.

L’histoire ? Le synopsis tente de le décrire, mais comme il n’y a pas vraiment d’intrigue, il faut plutôt parler de cheminement, de reconquête de la vie.
Un ministre perd son boulot. Sans qu’on sache vraiment pourquoi (mot étranger à Osséliani), il déclare qu’il ne fait rien et qu’il ne travaillera plus.

Sa mère lui donne les clés d’un de ses appartements, dans le quartier de son enfance, semble-t-il et là, il s’attaque avec sérieux … à la bouteille, il fréquente comme par inadvertance ses amis de son ancien quartier, il est recueilli par une prostituée qui semble le connaître depuis son plus jeune âge. Il essaie, gentiment, de récupérer l’appartement que sa mère lui a confié, mais il est occupé par des squatters.
Il lui arrive des ennuis, qui ne semblent pas l’affecter.

Otar Osséliani, peintre des rues
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Peu à peu, son monde se peuple de deux tribus : les femmes qui l’aiment et qui s’occupent de lui (dont sa mère et ses sœurs) et les hommes, des amis, qui aiment à se retrouver pour boire, manger, chez lui, au bistrot. Des amis curieux dont des popes, un jardinier qui officie au jardin du Luxembourg et peintre des rues à ses heures (Otar Osséliani lui-même), un bistrotier qui promène les enfants sur des ânes et qui est aussi peintre d’intérieur. Pas très crédible ? Autre mot inconnu du cinéaste.

Nous sommes dans ce qui ressemble à une fable : l’amour et l’amitié comme alternative au décorum et aux honneurs empesés de la République.

Un personnage crève l’écran : Michel Piccoli dans le rôle de …  la mère du ministre ! Il est fantastique. Il s’amuse comme un fou, et nous entraîne dans son jeu tout en retenue et bonhommie.

La maman et son ministre de fils (Michel Piccoli et Séverin Blanchet)
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Il est celle qui le réconforte  vite fait (dépêche-toi, dépêche-toi) en lui rappelant ses codes bancaires, en lui confiant les clés de l’appartement, en restant à ses côtés lors d’un exercice de yoga (un poirier) sensé le décontracter. Il est la mère qui accueille ses amis quand ils sont torchés grave et qui les réconforte au matin par un petit café et une belle carafe d’alcool. Il est celle autour de qui toutes les femmes de la nouvelle vie du ministre se rassemblent pour une partie de campagne, au jardin du Luxembourg encore.

Jardins d’automne ou le retour aux plaisirs simples de la vie quand l’âge avance.
On est bien !