Part II Avis de Dolphy00

Après tant d'éloges par Deweysax, faut-il faire entendre une voix différente ?

Voyons un peu :

- Les images et les couleurs sont somptueuses

- Les décors : mmmm ! un délice

- Les acteurs : là, déjà, il y aurait à dire. Y a pas photo pour Leonardo DiCaprio et pour Alec Baldwin. Mais pour les autres, on y reviendra.
- L'histoire ... bon là, faut reconnaître que c'est un peu léger. Voyons de plus près.

Martin_Scorcese___American_Express_by_LiveU4
Martin Scorcese _ American Express by LiveU4
(Deweysax a utilisé toutes les photos du film !)

L’histoire, disions nous :

La seule trajectoire qui traverse presqu’entièrement le film est la phobie progressive du contact d'Howard.
- Les toilettes d'abord : comment sortir sans toucher la poignée de la porte ?
- Puis l'assiette aux petits pois superbement rangés et qu'un foutraque (son dir'com !) vient saccager en en piquant un : il faut quitter le restaurant !
Le talent de Scorcese fait que nous même sommes coincés dans ces foutues toilettes et que ces petits pois sont à présent à vomir.

Une autre trajectoire, plus tardive : les avions, de plus en plus gros, et des idées qui auraient révolutionné l'aviation. Mais est-ce historiquement exact ? Serions-nous sans le savoir, éternellement redevables à Howard Hugues de pouvoir prendre l'avion dans des conditions quasi démocratiques ? Là, ça fleure le cliché hollywoodien !

Puis deux histoires avortées :
- Le tournage d’un film : Hell’s Angels, fresque aéronautique, pour lequel les caméras n’étaient jamais assez nombreuses, nécessitant 3 ans de tournage, épuisant la fortune de Hugues … puis plus rien ! Le synopsis nous apprend que ce fut un triomphe qui a révolutionné Hollywood, mais pourquoi ce début tonitruant dans le cinéma n'est suivi de rien ? A-t-il abandonné le cinéma ? Pourquoi ? No comment ! Allons, dépêchons, dépêchons ! Vous bloquez le passage.

- La construction d’un avion en bois ! Vous avez bien lu. L’aluminium se faisant rare et la concurrence ayant trusté tous les stocks, Hugues se lance dans la construction d’une carlingue en bois. On se dit que là, le crash financier et aéronautique est imminent … mais … Silence ! Allons, allons, dépêchons ! Avancez je vous dit.

Et la grande scène du prétoire ? Vous savez, ces scènes archi classiques, ultra codées du cinoche à l’américaine. Eh bien notre Marty y plonge, s’y vautre même, sans crédibilité aucune. On reproche à notre innocent Howard d’avoir empoché l’argent de l’armée durant la guerre pour des avions qui n’ont jamais été livrés. Ledit Howard est à ce moment là du film complètement à l’ouest, totalement trituré par ses phobies, incapable d’aligner deux idées. Et lors du procès, il torpille l’accusation selon le schéma de l’arroseur arrosé, sans qu’à aucun moment on ne s’interroge sur l’examen minimal du bienfondé de l’accusation par le grand jury.

Il s'agit là d'épisodes qui font qu'on décroche du film.

Heureusement il y a les fêtes somptueuses (ils ne font que ça, les ricains ?) et les femmes (bon ça, on connaît aussi chez nous).

Les femmes : il n’est jamais facile de faire jouer le rôle d’une actrice mythique par une autre. Trop de pièges !  Ava Garner, sa révélation progressive : ça passe !
Mais Katharyn Hepburn ? Non !
Cette actrice avait un sacré caractère ; elle avait du « chien », à la fois voyouse et femme de la haute, une vraie star. Pari impossible pour Cate Blanchet ! C’est même une erreur de casting. Durant le film, et par mimétisme avec le héros un peu dur d'oreilles, j'avais cru avoir mal entendu : cette Kate, ça ne pouvait pas être Katharyn Hepburn ! Ce n'est que lorsqu'elle parle de son nouvel ami, Spencer (Tracy) que le voile se déchire et que je décroche encore : pas crédible.

Pour mes réunions Tupper Ware, je préfère toujours une Hepburn (la mère, la fille, tout est bon).

Désolé pour les fans de Scorcese (et de Cate Blanchet) ! Pour les belles images, pour le tandem di Caprio – Baldwin … et par admiration pour le reste de l’œuvre de Martin Scorcese, je mettrai 3.

"Va; Je ne te hais point"