Jean_Philippe_johnny

Les jeux vidéos nous ont habitués à des appellations du style « Something like » pour signifier qu’un jeu est inspiré d’un autre jeu de première référence comme par exemple les « Doom like », « Quake like », « Splinter cell like », etc … Dans le même genre, le cinéma à grand spectacle n’est pas en reste. On a pu voir ainsi des « Harry Potter like », des « Schrek like », etc … Tout cela reste tout de même avec un grand arrière-goût de concurrence commerciale états-unien like. Revenons donc à notre bon terroir de France où l’on peut aussi fabriquer des « Something like » de très grande qualité. Voici donc, devant vos yeux écarquillés, ce que je nommerai désormais les « Podium like », des comédies sur les plus grandes stars du show-biz français qui ne se veulent être ni des caricatures du genre ni des sujets à moquerie, mais de véritables fables touchantes et emplies d’humanité. Tel est le cas de « Jean-Philippe », un petit (et grand) chef d’œuvre réalisé par Laurent Tuel.

Jean_Philippe_luchini_fabrice


On peut ne pas aimer Johnny Hallyday, ça ne se discute pas. En revanche, on ne peut lui dénier sa place dans le monde du spectacle, le magnétisme qu’engendre ce monstre sacré attirant les foules, toutes générations confondues. Johnny est un monument vivant et je n’ose imaginer ce qui sera à sa disparition. Mais notre Jojo national est toujours là, bien vivant, toujours bien campé sur ses deux jambes malgré la pré vieillesse, les abus de drogue, d’alcool et autres "plaisirs", pervers ou non, ou plus simplement les préoccupations de sa vie privée l’obligeant à avoir désormais les yeux fixés sur le prompteur d’avant scène où défilent les paroles de ses chansons. OUI MAIS ! Et si Johnny n’avait pas existé ? S’il n’était resté qu’un Jean-Philippe Smet totalement anonyme ? C’est ce que tente de nous démontrer ce film qui a bien failli m’arracher parfois les larmes, et pourtant je tombe assez rarement dans le mélo larmoyant.

Jean_Philippe_luchini_fabrice_johnny_hallidayLes acteurs principaux ont gardé leur véritable prénom dans la vie, et pour cause, mais je ne peux vous raconter le pourquoi car il y a un bien un pourquoi. Ainsi Fabrice Lucchini qui nous a toujours habitué à des démonstrations hyper théâtrales de son art des planches jusqu’au devant de la caméra, devenant un « Gérard Philippe like »ou un « Jean-Louis Trintignant like », campe ici-bas un employé de bureau « Podium like », fan de Johnny Hallyday dans toute sa splendeur allant jusqu’à mettre en cause sa propre vie privée. Mais le clonage de Podium s’arrête là même si un immense clin d’œil en forme d’hommage y est présent dans le film. Et nous faisons ainsi connaissance avec un Jean-Philippe Smet qui n’aura jamais été Johnny, personnage empli d’humilité, écrasé par le monumental poids de la tristesse de n’avoir pu accomplir son destin, et interprété avec un brio inattendu par le maestro en personne, démontrant ainsi que de la scène à l’écran, son immense talent n’est plus à prouver.

Alors vraiment mon Johnny, pour ceux qui ne t’apprécient pas, sûrement parce qu’ils te méconnaissent, j’espère qu’enfin ils découvriront au travers de ce film pourquoi il est impossible de ne pas t’aimer. Si vous avez loupé ce film en salle, vous le trouverez désormais en DVD.

Aux lecteurs de ce blog, vous pouvez non seulement réagir sur ce film mais je vous lance aussi un petit défi. Choisissez un personnage célèbre incontournable de votre admiration et, à l’instar de « Jean-Philippe », laissez courir votre imagination pour dire ce qui se serait passé s’il n’avait pas existé. A vos pluviers ! (Pluvier = plume + clavier, ne pas confondre avec l’oiseau du même nom).

The Suuurge ...