30 août 2006
[Livre] Les Cafards de Jo Nesbo
Ca vous branche un polar norvégien pour cet été ? Non ? Et bien ceci est pour vous : Je vous présente Les Cafards de Jo Nesbo. Alors oui Nesbo est Norvégien. Oui il écrit des polars. Oui ses polars sont donc des polars norvégiens. Et oui ils sont fait pour vous, qui refusez la nouveauté nordique, probablement par peur convulsive des vikings barbus et ... okok, je m'égare.
Preuve que c'est un livre de qualité, voici la couverture de la version Poche (mais pas chez Poche) :
Quoi ? Elle est laide la couv' ? Oui, un peu c'est vrai.
Vous ne reconnaissez pas la Norvège là ? C'est un peu normal : l'histoire se déroule en Thaïlande. D'où la couv' en fait ok ? C'est bon ? Je peux continuer ? Trop cool, merci à toi.
Un somptueux couteau thaïlandais enduit de graisse norvégienne est retrouvé planté dans le dos d'un ambassadeur scandinave. L'homme est mort dans une chambre de passe à Bangkok. Près de lui, une valise au contenu sulfureux de quoi nuire, de quoi faire très mal... A peine revenu d'Australie, Harry Hole repart pour l'Asie, ses usages millénaires, ses secrets et sa criminalité dont il ignore tout. Toujours aussi cynique, intimement blessé, l'inspecteur venu d'Oslo va se heurter de plein fouet à cette culture ancestrale en pleine mutation. Un tueur local monstrueux le traque sans relâche. L'affaire se complique au-delà de la raison. Bangkok reste une ville à part. Un mystère pour celui qui s'y arrête. Hole ira jusqu'au bout, au plus profond du cœur d'un homme, jusqu'à l'invraisemblable...
C'est le premier roman que je lis de Nesbo et je dois reconnaitre que j'y reviendrai. J'avais adoré Mankell (ok, c'est la Suède mais c'est pas si loin finalement) et je voulais poursuivre mon voyage à travers les pays Nordiques ... Sauf que là c'est, au bout de 20 pages, direction la THAïLANDE !!! Et ils sont où mes Norvégiens et leur Norvège ?? En fait, Hole fait la rencontre de moultes Norvégiens sur place, à croire que seuls les Norvégiens se baladent là bas.
(Il est vraiment bien le morceau de Defunkt que j'écoute là ...)
Le fait qu'il rencontre tous ses nouveaux amis / ennemis norvégiens nous fait découvrir la Norvège. Et oui, c'est bien foutu ça. L'intrigue nous emmene dans le monde sombre de la pédophilie mais pas que. Nesbo nous tient en haleine jusqu'au bout. Les personnages se suivent et ne se ressemblent pas. Chacun des personnages a sa particularité ... souvent étonnante, une face cachée.
Pffff, Goss' Bo en plus le Nesbo ...
C'est le second opus autour de Harry Hole, le premier se déroulant en Australie, et cela donne vraiment envie de lire la suite et surtout de découvrir le reste de l'univers de Jo Nesbo, en dehors de Hole. Juste pour l'anecdote, quand j'ai découvert cet auteur, son nom m'intriguait ... Nesbo ... bizarre comme nom. Un pseudonyme ? Voyons voyons ... Nesbo ... Obsen .. OBSEN ??? OBSEN !!!!! AHAHAH TROP FORT LA !!! Et finalement non, c'est juste son nom ... Nesbo.
Verdict : 4.1/5
28 août 2006
[Livre] - Roman policier - Imre Kertész
photo : Roman policier - Imre Kertész - Actes Sud
Un renversement politique, quelque part en Amérique latine. La dictature qui s'établit offre au simple policier Antonio Martens l'occasion inespérée d'intégrer l'armée. Il y rencontre Diaz, son supérieur aussi charismatique que louche, et l'acolyte de celui-ci, le sadique Rodriguez. Commencent alors des filatures au cours desquelles sont fichés un grand nombre de citoyens irréprochables.
Peu après, Rodriguez installe dans leur bureau un instrument de torture et s'apprête à en faire usage. Martens fait face à ses propres sentiments - trop faibles pour une véritable remise en cause, trop forts pour l'insouciance pure et simple. Jusqu'où fermera-t-il les yeux?
Ce Roman policier à grande puissance évocatrice met en scène les ravages d'une terreur emblématique. A travers l'écriture, le bourreau Martens cherche la rédemption, à l'instar des victimes dans d'autres œuvres de Kertész.
© 1977 – 2001.
Traduction française pour Actes Sud : 2006
Né en 1929 en Hongrie, Imre Kertész a été déporté à quinze ans à Auschwitz. En 2002, il a reçu le prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son œuvre, publiée en France par Actes Sud.
Ce court roman de 118 pages surprend.
Balayons la référence au genre littéraire : il ne s’agit pas d’un polar, mais plutôt d’une sorte de journal d’un policier tortionnaire.
Pas d’intrigue non plus, si ce n’est indirectement l’itinéraire d’une de ses victimes relaté dans un autre journal intime, acquis par ce policier, et qu’il parcourt du fond de sa prison : il a été en effet arrêté à la suite du renversement (dont on ne sait rien) de la dictature.
Le policier est étranger à lui-même, comme il l’est à l’humanité des autres.
Cette distance est l’un des leviers narratifs du texte : pas de justification, pas de recherche de rédemption, contrairement à ce qu’indique la 4e de couverture.
Il s’agit de la logique normale d’une institution répressive qui fait son boulot, selon la procédure, sans affect aucun. Et pourtant, le tortionnaire ne se dérobe pas à sa responsabilité et justifie d’avance le verdict du procès le concernant.
Il ne s’agit pas non plus de dénoncer la dictature, sa violence, les innocents fauchés. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas des héros ; ils sont désolants de romantisme et de naïveté.
Et pourtant, ce texte est puissant.
Sa brièveté permet une lecture d’une seule traite.
La qualité de l’écriture, sa musique même (« Je feuillette, je feuillette » écrit le policier en parlant du journal de sa victime, cette courte phrase venant rythmer les paragraphes, les pages, à intervalles irréguliers) retiennent l’attention, bercent le lecteur, et le temps passe. La lecture du livre est finie.
21 août 2006
[Livre] Aztèques Dansants de Donald Westlake
Je vous vois tous les matins et soirs dans les transports en commun ... L'ennui vous gagne. Qu'est-ce qui fout ce RER de M%$#& ???? Vos paupières sont lourdes, votre voisine de droite parle d'une pétasse à une atre pétasse sur son mobile, un enfant en face de vous gigote sur son siège et OOOOH, MON COSTUME !!! Qu'est-ce qu'elle fout sa mere ???
Sa mère ? Elle fait son Sudoku et ignore les trépinations fantastiques de son rejeuton. Il faut évacuer ce stress, cette tension !!! Oui mais comment ? Ecouter de la musique ? Oui, c'est très bien ... Mais j'ai mieux ! Lire un Donald Westlake ! Faites moi confiance, vous en voudrez moins au RER de trainer en lisant ce bouquin ! En revanche, la voisine-de-droite-qui-parle-d'une-petasse-à-une-autre-petasse risque de vous agacer encore plus !!! Donc Musique + Westlake = Isolement !!! Reste le mioche mal élevé ... Fouttez lui un coup de latte dès qu'il vous retouche sans que la maman ne vous voit ok ? Pour le coup, le Sudoku est votre allié. ET QUI RECOMMENCE PAS A ME FAIRE CHù$# LE MIOCHE OK ???
Aaaaaaaah enfin seul ... Plongeons ensemble (mais seul) dans ce roman de Donald Westlake de 1974 intitulé Aztèques dansants (elle est horrible cette couverture). C'est koitess donc que ça ... Westlake a la particularité d'axer un roman sur une intrigue ... completement loufoque, absurde mais qui tient solidement la route ! On se demande tres rapidement, par exemple, comment un polar peut tourner sur 400 pages autour d'un bout d'os (Histoire d'Os) ...Ici, une statuette représentant un Prêtre Azteque Dansant en or et aux yeux d'émeraude a disparu ... enfin, pas tout à fait disparue. Une confusion dûe à un ecart de prononciation (à hurler de rire) a fait intervertir deux colis. La course folle peut démarrer.
Les personnages de Westlake sont excessivement humains (tiens, cela me rappelle un autre livre de Westlake ça ...), il nous [OOooooh, MON COSTUME J'AI DIT !!! TIENS, PRENDS CA SALE GARNEMENT !!!] plonge dans leur "réflexion" à tout bout de champs avec un humour décapant. Les paragraphes se suivent et ne se ressemble pas : sa manière d'écrire dépend du ou des personnages au centre de l'action. Je me souviens de deux scènes en particulier où je n'ai pu me contenir de rire dans mon train.
Le maître Donald Westlake
Donald Westlake réussit parfaitement à nous faire rire tout en nous perdant dans une quête absurde mais irrésistiblement attachante. Bravo ! Un énorme bravo également à Jean Esch qui réussit une fois encore une traduction fantastique !
Verdict : 5/5 !!
20 août 2006
[Livre] Delirium Tremens de Ken Bruen
J'ai lu ça !
Mon fournisseur officiel de polars m'a dit un jour : ça te dirait un polar où y'a pas ou peu d'enquête et où l'on ne parle que d'alcool ? Vendeur ça hein !! Je n'ai pu dire non à une pareille expérience. Là, il me tend le livre ... La pochette annonce directement la couleur !! On va se biturer pendant 400 pages !!
Dites, y'aurait pas un éléphant rose là ... juste au dessus ?
Ok, mais Délirium Tremens, ça déchire comme titre mais ... ça veut dire quoi ? Je sais qui pourrait m'aider : MONSIEUR VIDAL HIMSELF !!! Alors voyons ... Délirium .. Da .. Dar.. Def ... DELIRIUM TREMENS !! J'AI !!!
Définition : État grave associant un délire, des hallucinations, des tremblements généralisés, une angoisse extrême. Il survient chez l'alcoolique chronique lors d'une privation d'alcool ou, au contraire, d'une ivresse aiguë, d'une infection, d'un traumatisme. Il est dû à des lésions toxiques du cerveau. Et je vais lire ça moi ?
Oui, je me suis lancé et à vrai dire, au bout de 15 petites pages, j'étais littéralement envoûté par ce bouquin. Il se lit très (trop) vite. Alors SI, il y a une intrigue. Mais alors franchement ... on s'en contrefout ROYAL jusqu'au 2/3 du bouquin. Après, on commence à se poser certaines questions quand même. Mais les quelques jours où Ken Bruen nous fait vivre la vie de Jack Taylor sont absorbants au possible. L'intégralité du livre, chacune des phrases ou mots, sont écrits au travers du personnage principal, ce fameux Jack Taylor. Alcoolique, ancien Garda (flic en gros), solitaire (par la force des choses aussi), le tout dans une Irlande authentique.
Oula ... je ... je crois que je vais rentrer chez moi ...
De l'alcool, on en croise un max ! On boit autant que lui en lisant ce livre. Mais heureusement pour nous, Ken Bruen nous a prévu une (voire deux) cures de sevrage ! Le lecteur que je suis a tout fait pour que JT ne craque pas une nouvelle fois face à ce verre diabolique. RESISTE JACK !!!
Non, il n'y a pas de verre, non ... il n'y a rien !
Une autre des particularités de ce roman est la multitude de citations d'autres artistes comme l'un de mes Dieux Pelecanos, Sophia Loren et Peter Sellers, Elmore Leonard, Auden, Francis Bacon ... Je ne les ai pas toutes captées, mais elles temporise bien ce roman. Oh, j'y pense ... Une phrase du bouquin que j'adore. SI si, j'insiste pour la citer : "J'en déduis, puisque tu emploies le passé, qu'il n'est plus parmi nous ... ou pire, en Angleterre."
Bon c'est sûr, il faut le contexte ...
Verdict : 4.5/5 TRANQUILLE !!!!!!!!!!










