31 août 2006
[Film] Aviator de Martin Scorcese Part II
Part II Avis de Dolphy00
Après tant d'éloges par Deweysax, faut-il faire entendre une voix différente ?
Voyons un peu :
- Les images et les couleurs sont somptueuses
- Les décors : mmmm ! un délice
- Les acteurs : là, déjà, il y aurait à dire. Y a pas photo pour Leonardo DiCaprio et pour Alec Baldwin. Mais pour les autres, on y reviendra.
- L'histoire ... bon là, faut reconnaître que c'est un peu léger. Voyons de plus près.

Martin Scorcese _ American Express by LiveU4
(Deweysax a utilisé toutes les photos du film !)
L’histoire, disions nous :
La seule trajectoire qui traverse presqu’entièrement le film est la phobie progressive du contact d'Howard.
- Les toilettes d'abord : comment sortir sans toucher la poignée de la porte ?
- Puis l'assiette aux petits pois superbement rangés et qu'un foutraque (son dir'com !) vient saccager en en piquant un : il faut quitter le restaurant !
Le talent de Scorcese fait que nous même sommes coincés dans ces foutues toilettes et que ces petits pois sont à présent à vomir.
Une autre trajectoire, plus tardive : les avions, de plus en plus gros, et des idées qui auraient révolutionné l'aviation. Mais est-ce historiquement exact ? Serions-nous sans le savoir, éternellement redevables à Howard Hugues de pouvoir prendre l'avion dans des conditions quasi démocratiques ? Là, ça fleure le cliché hollywoodien !
Puis deux histoires avortées :
- Le tournage d’un film : Hell’s Angels, fresque aéronautique, pour lequel les caméras n’étaient jamais assez nombreuses, nécessitant 3 ans de tournage, épuisant la fortune de Hugues … puis plus rien ! Le synopsis nous apprend que ce fut un triomphe qui a révolutionné Hollywood, mais pourquoi ce début tonitruant dans le cinéma n'est suivi de rien ? A-t-il abandonné le cinéma ? Pourquoi ? No comment ! Allons, dépêchons, dépêchons ! Vous bloquez le passage.
- La construction d’un avion en bois ! Vous avez bien lu. L’aluminium se faisant rare et la concurrence ayant trusté tous les stocks, Hugues se lance dans la construction d’une carlingue en bois. On se dit que là, le crash financier et aéronautique est imminent … mais … Silence ! Allons, allons, dépêchons ! Avancez je vous dit.
Et la grande scène du prétoire ? Vous savez, ces scènes archi classiques, ultra codées du cinoche à l’américaine. Eh bien notre Marty y plonge, s’y vautre même, sans crédibilité aucune. On reproche à notre innocent Howard d’avoir empoché l’argent de l’armée durant la guerre pour des avions qui n’ont jamais été livrés. Ledit Howard est à ce moment là du film complètement à l’ouest, totalement trituré par ses phobies, incapable d’aligner deux idées. Et lors du procès, il torpille l’accusation selon le schéma de l’arroseur arrosé, sans qu’à aucun moment on ne s’interroge sur l’examen minimal du bienfondé de l’accusation par le grand jury.
Il s'agit là d'épisodes qui font qu'on décroche du film.
Heureusement il y a les fêtes somptueuses (ils ne font que ça, les ricains ?) et les femmes (bon ça, on connaît aussi chez nous).
Les femmes : il n’est jamais facile de faire jouer le rôle d’une actrice mythique par une autre. Trop de pièges ! Ava Garner, sa révélation progressive : ça passe !
Mais Katharyn Hepburn ? Non !
Cette actrice avait un sacré caractère ; elle avait du « chien », à la fois voyouse et femme de la haute, une vraie star. Pari impossible pour Cate Blanchet ! C’est même une erreur de casting. Durant le film, et par mimétisme avec le héros un peu dur d'oreilles, j'avais cru avoir mal entendu : cette Kate, ça ne pouvait pas être Katharyn Hepburn ! Ce n'est que lorsqu'elle parle de son nouvel ami, Spencer (Tracy) que le voile se déchire et que je décroche encore : pas crédible.
Pour mes réunions Tupper Ware, je préfère toujours une Hepburn (la mère, la fille, tout est bon).
Désolé pour les fans de Scorcese (et de Cate Blanchet) ! Pour les belles images, pour le tandem di Caprio – Baldwin … et par admiration pour le reste de l’œuvre de Martin Scorcese, je mettrai 3.
"Va; Je ne te hais point"
30 août 2006
[Livre] Les Cafards de Jo Nesbo
Ca vous branche un polar norvégien pour cet été ? Non ? Et bien ceci est pour vous : Je vous présente Les Cafards de Jo Nesbo. Alors oui Nesbo est Norvégien. Oui il écrit des polars. Oui ses polars sont donc des polars norvégiens. Et oui ils sont fait pour vous, qui refusez la nouveauté nordique, probablement par peur convulsive des vikings barbus et ... okok, je m'égare.
Preuve que c'est un livre de qualité, voici la couverture de la version Poche (mais pas chez Poche) :
Quoi ? Elle est laide la couv' ? Oui, un peu c'est vrai.
Vous ne reconnaissez pas la Norvège là ? C'est un peu normal : l'histoire se déroule en Thaïlande. D'où la couv' en fait ok ? C'est bon ? Je peux continuer ? Trop cool, merci à toi.
Un somptueux couteau thaïlandais enduit de graisse norvégienne est retrouvé planté dans le dos d'un ambassadeur scandinave. L'homme est mort dans une chambre de passe à Bangkok. Près de lui, une valise au contenu sulfureux de quoi nuire, de quoi faire très mal... A peine revenu d'Australie, Harry Hole repart pour l'Asie, ses usages millénaires, ses secrets et sa criminalité dont il ignore tout. Toujours aussi cynique, intimement blessé, l'inspecteur venu d'Oslo va se heurter de plein fouet à cette culture ancestrale en pleine mutation. Un tueur local monstrueux le traque sans relâche. L'affaire se complique au-delà de la raison. Bangkok reste une ville à part. Un mystère pour celui qui s'y arrête. Hole ira jusqu'au bout, au plus profond du cœur d'un homme, jusqu'à l'invraisemblable...
C'est le premier roman que je lis de Nesbo et je dois reconnaitre que j'y reviendrai. J'avais adoré Mankell (ok, c'est la Suède mais c'est pas si loin finalement) et je voulais poursuivre mon voyage à travers les pays Nordiques ... Sauf que là c'est, au bout de 20 pages, direction la THAïLANDE !!! Et ils sont où mes Norvégiens et leur Norvège ?? En fait, Hole fait la rencontre de moultes Norvégiens sur place, à croire que seuls les Norvégiens se baladent là bas.
(Il est vraiment bien le morceau de Defunkt que j'écoute là ...)
Le fait qu'il rencontre tous ses nouveaux amis / ennemis norvégiens nous fait découvrir la Norvège. Et oui, c'est bien foutu ça. L'intrigue nous emmene dans le monde sombre de la pédophilie mais pas que. Nesbo nous tient en haleine jusqu'au bout. Les personnages se suivent et ne se ressemblent pas. Chacun des personnages a sa particularité ... souvent étonnante, une face cachée.
Pffff, Goss' Bo en plus le Nesbo ...
C'est le second opus autour de Harry Hole, le premier se déroulant en Australie, et cela donne vraiment envie de lire la suite et surtout de découvrir le reste de l'univers de Jo Nesbo, en dehors de Hole. Juste pour l'anecdote, quand j'ai découvert cet auteur, son nom m'intriguait ... Nesbo ... bizarre comme nom. Un pseudonyme ? Voyons voyons ... Nesbo ... Obsen .. OBSEN ??? OBSEN !!!!! AHAHAH TROP FORT LA !!! Et finalement non, c'est juste son nom ... Nesbo.
Verdict : 4.1/5
29 août 2006
[Film] Jardins d'automne - Otar Osséliani
2006 - 115' - Comédie
Synopsis
Vincent est ministre, homme puissant, pas trop laid, plutôt élégant, buveur, mangeur, bon vivant. Odile, sa maîtresse, une très belle fille, est intelligente, lucide, charmante.
Ne liez pas votre destin à de trop belles filles mes amis : ça peut vous coûter cher. Dès que Vincent est chassé de son poste, elle le plaque.
Théodière, le nouveau ministre, investit le somptueux bureau de Vincent. Il casse tout : il change les étagères, le tissu d'ameublement, le bureau, les fauteuils, jusqu'aux cendriers et aux téléphones. Pour longtemps, qui sait ? Il est optimiste.
Par contre, l'ex ministre Vincent commence à vivre...
Et si, à la fin de notre histoire, Vincent croise Théodière, son rival et successeur en disgrâce à son tour, ce sera sans haine, ni joie perverse : « Tu as l'air fatigué... tiens, bois un coup ! ».
Otar hésite à monter sur scène, à se mettre dans le faisceau du projecteur. Serge Tubiana, le maître des lieux à la cinémathèque, insiste, présente le film avec affection, déclare qu’il a compris Osséliani lorsqu’après une longue séance de travail un matin, ce dernier lui proposa du vin blanc ou de la vodka, a jeun.
Puis Otar Osseliani nous parle de la France, de ses officiels qui voulaient lui faire faire la Traviata. Mais, s’exclame-t-il, pour cela, il me suffisait de rester en Union Soviétique.
Ces quelques mots dessinent un peu la personnalité de ce cinéaste qui a choisi de vivre en France depuis 30 ans.
L’histoire ? Le synopsis tente de le décrire, mais comme il n’y a pas vraiment d’intrigue, il faut plutôt parler de cheminement, de reconquête de la vie.
Un ministre perd son boulot. Sans qu’on sache vraiment pourquoi (mot étranger à Osséliani), il déclare qu’il ne fait rien et qu’il ne travaillera plus.
Sa mère lui donne les clés d’un de ses appartements, dans le quartier de son enfance, semble-t-il et là, il s’attaque avec sérieux … à la bouteille, il fréquente comme par inadvertance ses amis de son ancien quartier, il est recueilli par une prostituée qui semble le connaître depuis son plus jeune âge. Il essaie, gentiment, de récupérer l’appartement que sa mère lui a confié, mais il est occupé par des squatters.
Il lui arrive des ennuis, qui ne semblent pas l’affecter.
Otar Osséliani, peintre des rues
Peu à peu, son monde se peuple de deux tribus : les femmes qui l’aiment et qui s’occupent de lui (dont sa mère et ses sœurs) et les hommes, des amis, qui aiment à se retrouver pour boire, manger, chez lui, au bistrot. Des amis curieux dont des popes, un jardinier qui officie au jardin du Luxembourg et peintre des rues à ses heures (Otar Osséliani lui-même), un bistrotier qui promène les enfants sur des ânes et qui est aussi peintre d’intérieur. Pas très crédible ? Autre mot inconnu du cinéaste.
Nous sommes dans ce qui ressemble à une fable : l’amour et l’amitié comme alternative au décorum et aux honneurs empesés de la République.
Un personnage crève l’écran : Michel Piccoli dans le rôle de … la mère du ministre ! Il est fantastique. Il s’amuse comme un fou, et nous entraîne dans son jeu tout en retenue et bonhommie.
La maman et son ministre de fils (Michel Piccoli et Séverin Blanchet)
Il est celle qui le réconforte vite fait (dépêche-toi, dépêche-toi) en lui rappelant ses codes bancaires, en lui confiant les clés de l’appartement, en restant à ses côtés lors d’un exercice de yoga (un poirier) sensé le décontracter. Il est la mère qui accueille ses amis quand ils sont torchés grave et qui les réconforte au matin par un petit café et une belle carafe d’alcool. Il est celle autour de qui toutes les femmes de la nouvelle vie du ministre se rassemblent pour une partie de campagne, au jardin du Luxembourg encore.
Jardins d’automne ou le retour aux plaisirs simples de la vie quand l’âge avance.
On est bien !
28 août 2006
[Film] Aviator de Martin Scorsese Part I
Part I : Avis de Deweysax
Aviator de Martin Scorsese
Casting : Leonardo DiCaprio, Cate Blanchett, Kate Beckinsale, John C. Reilly, Ian Holm, Alec Baldwin, Jude Law, Willem Dafoe, Gwen Stefani ...
Production : Michael Mann, Leonardo DiCaprio ...
Année : 2004
Durée : 2h45
Rien qu'avec tout ça, on est impressionné. Deuxième collaboration diCaprio / Scorcese après Gangs Of New York autour cette fois ci de Howard Hughes, milliardaire américain passionné d'aviation, industriel implaccable, réalisateur, séducteur ... Ce film parcourt une vingtaine d'année de la vie d'Howard Hughes (de 1925 à l'après guerre).
Je vais être direct : ce film est pour moi un véritable chef-d'oeuvre. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas régalé autant. Leonardo DiCaprio d'abord. Il EST sans conteste Howard Hughes tout au long du film. Il est à la fois sûr de lui et paranoïaque, séducteur insatiable et seul, remplis de tares et industriel ambitieux et perfectionniste. Il m'a bluffé une fois de plus. Martin Scorsese a trouvé son nouveau De Niro. Le film Gilbert Grape avait été une révélation concernant DiCaprio, ce film confirme qu'il est l'un des meilleurs aujourd'hui (oui, avec Johnny Depp, mais cela va sans dire ... alors j'le dis pas).

Ce regard nous obsède tout au long du film
Cate Blanchett fait partie de mes chouchous depuis longtemps, mais là ... là ... elle explose les compteurs. Elle incarne Katheryn Hepburn à merveille, on sent qu'elle a pris un pied sans égal pour jouer ce rôle. Sa façon de jouer cette actrice avec ce caractère si fort et finalement si faible, ses phobies, son humour ... Woaouuuu, quelle claque on prend. Cate, tu es invitée à vie à mes réunions Tupper Ware !!!

Jude Law et Cate Blanchett (VIP Tupper Ware Party)
Le reste du casting n'est pas en reste. Gwen Stefani est parfaite, mais reste trop peu à l'écran ... dommage. Willem Dafoe est sous exploité, lui aussi. Alec Baldwin ... Il est EXTRAORDINAIRE ce mec. J'ai un énorme souvenir de son intervention à l'Actor's Studio. Il était phénoménal. Ici, il brille, il impose, il incarne. Je l'adore.
Mon pote Alec, patron de la PanAm
La réalisation est digne d'un maître. YES, j'ai bon, nous avons affaire au maïtre en personne !! Non seulement Martin Scorsese est ZE réalisateur, mais il adore le blues. Quel grand homme ! Je retiens une scène de dispute entre DiCaprio et Blanchett. Scorsese nous fait ici du grand art. Sans parler des scènes de solitude forte de DiCaprio. Majestueux !! Du Grand Art !!
Verdict : 4.8/5
Merci maître
[Livre] - Roman policier - Imre Kertész
photo : Roman policier - Imre Kertész - Actes Sud
Un renversement politique, quelque part en Amérique latine. La dictature qui s'établit offre au simple policier Antonio Martens l'occasion inespérée d'intégrer l'armée. Il y rencontre Diaz, son supérieur aussi charismatique que louche, et l'acolyte de celui-ci, le sadique Rodriguez. Commencent alors des filatures au cours desquelles sont fichés un grand nombre de citoyens irréprochables.
Peu après, Rodriguez installe dans leur bureau un instrument de torture et s'apprête à en faire usage. Martens fait face à ses propres sentiments - trop faibles pour une véritable remise en cause, trop forts pour l'insouciance pure et simple. Jusqu'où fermera-t-il les yeux?
Ce Roman policier à grande puissance évocatrice met en scène les ravages d'une terreur emblématique. A travers l'écriture, le bourreau Martens cherche la rédemption, à l'instar des victimes dans d'autres œuvres de Kertész.
© 1977 – 2001.
Traduction française pour Actes Sud : 2006
Né en 1929 en Hongrie, Imre Kertész a été déporté à quinze ans à Auschwitz. En 2002, il a reçu le prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son œuvre, publiée en France par Actes Sud.
Ce court roman de 118 pages surprend.
Balayons la référence au genre littéraire : il ne s’agit pas d’un polar, mais plutôt d’une sorte de journal d’un policier tortionnaire.
Pas d’intrigue non plus, si ce n’est indirectement l’itinéraire d’une de ses victimes relaté dans un autre journal intime, acquis par ce policier, et qu’il parcourt du fond de sa prison : il a été en effet arrêté à la suite du renversement (dont on ne sait rien) de la dictature.
Le policier est étranger à lui-même, comme il l’est à l’humanité des autres.
Cette distance est l’un des leviers narratifs du texte : pas de justification, pas de recherche de rédemption, contrairement à ce qu’indique la 4e de couverture.
Il s’agit de la logique normale d’une institution répressive qui fait son boulot, selon la procédure, sans affect aucun. Et pourtant, le tortionnaire ne se dérobe pas à sa responsabilité et justifie d’avance le verdict du procès le concernant.
Il ne s’agit pas non plus de dénoncer la dictature, sa violence, les innocents fauchés. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas des héros ; ils sont désolants de romantisme et de naïveté.
Et pourtant, ce texte est puissant.
Sa brièveté permet une lecture d’une seule traite.
La qualité de l’écriture, sa musique même (« Je feuillette, je feuillette » écrit le policier en parlant du journal de sa victime, cette courte phrase venant rythmer les paragraphes, les pages, à intervalles irréguliers) retiennent l’attention, bercent le lecteur, et le temps passe. La lecture du livre est finie.
26 août 2006
[Film] Le Festin Chinois - Tsui Hark
Realisateur : Tsui Hark
Acteurs : Leslie Cheung, Anita Yuen, Zhau Wen-zhuo
Durée : 1h45
Année de production : 1995
Résumé : Harcelé par un concurrent plein d'arrogance, un restaurateur accepte de se livrer à une compétition où les deux chefs prépareront le festin «Qin Han». Composé de pattes d'ours, d'hirondelles confites et de trompes d'éléphants, ce menu extrêmement raffiné n'a été préparé que très rarement dans l'histoire. Le niveau de perfection requis est si élevé que l'un des restaurateurs se voit contraint de demander de l'aide au plus grand chef chinois, seul artiste encore vivant à la hauteur de la tâche. Las ! Ce maître, qui a connu de gros problèmes familiaux en raison de son trop grand dévouement à l'art culinaire, a sombré corps et âme dans l'alcool, et a juré de ne plus jamais toucher la moindre casserole jusqu'à la fin de ses jours... (source www.programme-tv.net )
Programmé par Arte le 30 mars 06, ce film était resté dans sa cassette (oui, je n’ai pas encore un enregistreur DVD de Télé) jusqu’à ce mois d’août pluvieux. Sa redécouverte fut une surprise.
Ce film est typique d’une des facettes du cinéma de Hong Kong : la comédie.
Autant le dire d’emblée : ceux qui recherchent les émotions raffinées, les dialogues ciselés, le jeu en demies teintes des acteurs, la subtilité et la profondeur spirituelle de l’intrigue, la délicatesse des couleurs … en seront pour leurs frais. A côté, les films comiques (ou censés être drôles) à la française ont le charme désuet des comédies de boulevard du début du siècle précédent.
Ici, ce sont les femmes qui font une cour sans vergogne, voire brutale, aux hommes.
Les maquillages relèvent de la création picturale.
Les codes d’honneur sont montés en épingle pour mieux les tourner en dérision.
Et puis, il y a là un sens du burlesque qui a totalement disparu du cinéma occidental : que dire d’une scène où divers protagonistes se battent dans un restaurant avec un poisson encore vivant de près de 2m !
Que dire encore du détournements des codes cinématographiques ! La préparation d’un plat laisse loin derrière toutes les gesticulations virtuoses des samouraïs.
Certains pourraient parler d’un humour potache, à juste titre, mais ici, l’invention est partout !
Il faut préciser que c’est l’une des œuvres de Tsui Hark, peut-être le plus important des réalisateurs de Hong Kong (The Blade, Time and Tide, Seven Swords, etc.) Voir filmographie et critique
21 août 2006
[Livre] Aztèques Dansants de Donald Westlake
Je vous vois tous les matins et soirs dans les transports en commun ... L'ennui vous gagne. Qu'est-ce qui fout ce RER de M%$#& ???? Vos paupières sont lourdes, votre voisine de droite parle d'une pétasse à une atre pétasse sur son mobile, un enfant en face de vous gigote sur son siège et OOOOH, MON COSTUME !!! Qu'est-ce qu'elle fout sa mere ???
Sa mère ? Elle fait son Sudoku et ignore les trépinations fantastiques de son rejeuton. Il faut évacuer ce stress, cette tension !!! Oui mais comment ? Ecouter de la musique ? Oui, c'est très bien ... Mais j'ai mieux ! Lire un Donald Westlake ! Faites moi confiance, vous en voudrez moins au RER de trainer en lisant ce bouquin ! En revanche, la voisine-de-droite-qui-parle-d'une-petasse-à-une-autre-petasse risque de vous agacer encore plus !!! Donc Musique + Westlake = Isolement !!! Reste le mioche mal élevé ... Fouttez lui un coup de latte dès qu'il vous retouche sans que la maman ne vous voit ok ? Pour le coup, le Sudoku est votre allié. ET QUI RECOMMENCE PAS A ME FAIRE CHù$# LE MIOCHE OK ???
Aaaaaaaah enfin seul ... Plongeons ensemble (mais seul) dans ce roman de Donald Westlake de 1974 intitulé Aztèques dansants (elle est horrible cette couverture). C'est koitess donc que ça ... Westlake a la particularité d'axer un roman sur une intrigue ... completement loufoque, absurde mais qui tient solidement la route ! On se demande tres rapidement, par exemple, comment un polar peut tourner sur 400 pages autour d'un bout d'os (Histoire d'Os) ...Ici, une statuette représentant un Prêtre Azteque Dansant en or et aux yeux d'émeraude a disparu ... enfin, pas tout à fait disparue. Une confusion dûe à un ecart de prononciation (à hurler de rire) a fait intervertir deux colis. La course folle peut démarrer.
Les personnages de Westlake sont excessivement humains (tiens, cela me rappelle un autre livre de Westlake ça ...), il nous [OOooooh, MON COSTUME J'AI DIT !!! TIENS, PRENDS CA SALE GARNEMENT !!!] plonge dans leur "réflexion" à tout bout de champs avec un humour décapant. Les paragraphes se suivent et ne se ressemble pas : sa manière d'écrire dépend du ou des personnages au centre de l'action. Je me souviens de deux scènes en particulier où je n'ai pu me contenir de rire dans mon train.
Le maître Donald Westlake
Donald Westlake réussit parfaitement à nous faire rire tout en nous perdant dans une quête absurde mais irrésistiblement attachante. Bravo ! Un énorme bravo également à Jean Esch qui réussit une fois encore une traduction fantastique !
Verdict : 5/5 !!
20 août 2006
[Livre] Delirium Tremens de Ken Bruen
J'ai lu ça !
Mon fournisseur officiel de polars m'a dit un jour : ça te dirait un polar où y'a pas ou peu d'enquête et où l'on ne parle que d'alcool ? Vendeur ça hein !! Je n'ai pu dire non à une pareille expérience. Là, il me tend le livre ... La pochette annonce directement la couleur !! On va se biturer pendant 400 pages !!
Dites, y'aurait pas un éléphant rose là ... juste au dessus ?
Ok, mais Délirium Tremens, ça déchire comme titre mais ... ça veut dire quoi ? Je sais qui pourrait m'aider : MONSIEUR VIDAL HIMSELF !!! Alors voyons ... Délirium .. Da .. Dar.. Def ... DELIRIUM TREMENS !! J'AI !!!
Définition : État grave associant un délire, des hallucinations, des tremblements généralisés, une angoisse extrême. Il survient chez l'alcoolique chronique lors d'une privation d'alcool ou, au contraire, d'une ivresse aiguë, d'une infection, d'un traumatisme. Il est dû à des lésions toxiques du cerveau. Et je vais lire ça moi ?
Oui, je me suis lancé et à vrai dire, au bout de 15 petites pages, j'étais littéralement envoûté par ce bouquin. Il se lit très (trop) vite. Alors SI, il y a une intrigue. Mais alors franchement ... on s'en contrefout ROYAL jusqu'au 2/3 du bouquin. Après, on commence à se poser certaines questions quand même. Mais les quelques jours où Ken Bruen nous fait vivre la vie de Jack Taylor sont absorbants au possible. L'intégralité du livre, chacune des phrases ou mots, sont écrits au travers du personnage principal, ce fameux Jack Taylor. Alcoolique, ancien Garda (flic en gros), solitaire (par la force des choses aussi), le tout dans une Irlande authentique.
Oula ... je ... je crois que je vais rentrer chez moi ...
De l'alcool, on en croise un max ! On boit autant que lui en lisant ce livre. Mais heureusement pour nous, Ken Bruen nous a prévu une (voire deux) cures de sevrage ! Le lecteur que je suis a tout fait pour que JT ne craque pas une nouvelle fois face à ce verre diabolique. RESISTE JACK !!!
Non, il n'y a pas de verre, non ... il n'y a rien !
Une autre des particularités de ce roman est la multitude de citations d'autres artistes comme l'un de mes Dieux Pelecanos, Sophia Loren et Peter Sellers, Elmore Leonard, Auden, Francis Bacon ... Je ne les ai pas toutes captées, mais elles temporise bien ce roman. Oh, j'y pense ... Une phrase du bouquin que j'adore. SI si, j'insiste pour la citer : "J'en déduis, puisque tu emploies le passé, qu'il n'est plus parmi nous ... ou pire, en Angleterre."
Bon c'est sûr, il faut le contexte ...
Verdict : 4.5/5 TRANQUILLE !!!!!!!!!!
19 août 2006
[Film] Disparitions de Christopher Hampton
Direction l'Argentine, en 1976, avec Disparitions (2002), un film de Christopher Hampton. Dans les rôles principaux : Antonio Banderas, Emma Thompson et Ruben Blades (!!). Ce n'est pas véritablement le meilleur moyen de se changer les idées tant le sujet traité est dur. Disparitions retrace les années de dictatures sanglantes endurées par l'Argentine de 1976 à 1983 sous la direction du général Videla.

Antonio Banderas cherche sa femme disparue
Entre 1976 & 1983, ce ne sont pas moins de 30 000 personnes qui "disparaitront" sans aucune explication. Antonio Banderas incarne un écrivain - directeur de théatre qui recherche sa femme, journaliste engagée, disparue dès 1976. Ce film, tiré du roman de Lawrence Thornton, s'appuie sur une note fantastique pour nous entrainer dans l'horreur de cette période. En effet, le personnage principal se met à "imaginer" la capture des disparus et croit finalement, sans pouvoir l'expliquer, avoir un 6° sens, un don de voyance. Si cette touche fantastique peut rebuter, ce n'est en fait qu'un pretexte permettant de voir l'horreur de l'intérieur. Les scènes de tortures, d'incarcérations sont terriblement fortes, dérangeantes ?

Merveilleuse Emma Thompson et la remarquable Leticia Dolera emprisonnées
Soyons toutefois honnêtes, le film a quelques longueures inutiles mais il n'en reste pas moins qu'il vous marque quelques temps après sa projection. Je résumerai donc cette critique comem ceci : un très bon film PARCE QUE thème tres dur.
Verdict : 4/5


















